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La géographie: Une façon de se situer dans le monde

Par la carte, l’homme essaie de définir une façon d’être dans le monde, de l’habiter. La carte est dessinée en fonction de sa propre représentation du monde dans lequel il vit. Par exemple, le système géographique d’Erastothène (284-192 avant J.-C.) est une représentation des récits de voyage qu’il rassemblait à la bibliothèque d’Alexandrie et par ses relations avec des savants:

Carte du monde selon la représentation d’Erastothène (284-192 avant J.-C.) © Wikipédia

Ou alors, les mappemondes du Moyen Âge, qui présentent davantage un caractère symbolique et mystique que géographique. Quelques rares observations, parvenues déformées à Alexandrie, ont permis d’inscrire sur la carte les premiers éléments de la connaissance. Il n’y a cependant pas d’entité territoriale, rien n’indique un quelconque mode d’organisation des territoires et les repères sont fantaisistes.

Mappemonde du Moyen Âge © Wikipédia

C’est Jean-Baptiste Colbert, sous le règne de Louis XIV, qui comprit que seules les cartes permettaient d’améliorer la gestion du pays et qui sentit la nécessité de combler tout l’intérieur du royaume de cartes exactes. En 1720, la France est charpentée par sa grande méridienne passant par Paris, objet premier de la future carte géométrique. Le méridien est à l’origine du système métrique décimal; deux savants, Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain, mesurèrent entre 1792 et 1799, la portion du méridien de Paris comprise entre Dunkerque et Barcelone; en utilisant la méthode de triangulation:

Le méridien de Paris et la triangulation de France © Bazarclub

La méridienne verte

Le 4 juillet 2000, pour traduire l’unité nationale à partir d’anciens repères en cette fin du XXème siècle, sont plantés des milliers d’arbres et rassemblés des milliers de personnes le long du méridien de Paris, la méridienne verte

Jacques Cassini et son fils, César, créent la carte de Cassini; la première carte de France (publiée en 1745), en utilisant la méthode de triangulation:

La première carte de France, la carte de Cassini © Jbuquet

Puis, les nouvelles inquiétudes sur l’environnement amènent l’homme à redéfinir son projet: Ne plus simplement aménager mais surtout préserver la vie sur la planète.

Des clés pour organiser et comprendre le monde

On peut essayer de comprendre le monde à partir de divisions et des changements repérables dans l’espace; en utilisant 4 clés d’interprétation: L’approche naturelle, l’approche culturelle, l’approche politique et l’approche économique.

I – L’APPROCHE NATURELLE

1. La Terre vue comme un cadre naturel de l’activité humaine

Pendant très longtemps, la géographie a considéré qu’il y avait d’un côté des régions naturelles et de l’autre des hommes; tous les ouvrages commençaient par la description du milieu physique (climat, relief, sols, etc). Tant que l’activité principale humaine restait l’agriculture soumises aux conditions climatiques, les différents types de climats pouvaient déterminer des genres de vie. Cette vision a pu influencer certains jugements de valeur, par exemple le Nord désigne les pays riches et le Sud représente les pays pauvres.
La classification des grands milieux du globe est encore fortement influencée par le climat, bien que ces derniers intègrent des environnements différents à l’intérieur d’un même domaine. L’urbanisation et le développement d’activités industrielles et de services ont démultipliés des environnements que l’on dit artificiels; qui sont plus le produit des techniques et des aménagements que la simple adaptation aux conditions naturelles.

2. La Terre vue comme un patrimoine écologique

La représentation de la Terre n’est plus de définir simplement un cadre de vie, mais d’insister sur le fait que la Terre est un patrimoine menacé car l’activité des hommes peut compromettre le capital écologique et l’avenir des relations futures.

II – L’APPROCHE CULTURELLE

1. La Terre vue dans la diversité des cultures

Le lien qui se noue entre les hommes peut s’exercer à travers un héritage culturel commun; la culture peut donc avoir sa propre géographie. Quand ce patrimoine concerne un ensemble de valeurs, de connaissances, de techniques et de mémoires communes, on peut alors parler de civilisation. Chaque civilisation se déploie sur un espace donné en l’organisant de façon particulière: Types d’habitats et d’aménagement, langue, religion, alimentation, techniques de production.

2. La Terre vue comme un patrimoine culturel, commun de l’humanité

La culture commune crée une nouvelle solidarité entre les hommes de la planète. Celle-ci a ses hauts lieux (les Nations Unies et ses agences comme l’Unesco) et ses rites (conférences internationales comme celle de Rio sur l’environnement). La mondialisation bouleverse la géographie générale; la culture mondiale industrielle produits des espaces banalisés (identiques partout dans le monde) comme les aéroports, les autoroutes, les hôtels internationaux, les villages vacances… Dans ces non-lieux, on est partout et nulle part à la fois. Les migrations internationales contribuent à un brassage des cultures: Toutes les grandes villes internationales ont par exemple un quartier chinois et des lieux de culte pour chaque religion. La diffusion de cette culture mondiale est considérée comme une menace pour les cultures locales: Ainsi, certains groupes cherchent une reconnaissance de leur identité propre.

III – L’APPROCHE POLITIQUE

1. La Terre vue comme un ensemble d’Etats-Nations

La carte politique, largement utilisée par les médias, est la représentation du monde la plus courante car ses frontières sont en général sans ambiguïtés. L’Etat et ses institutions sont nos références principales et c’est à travers la citoyenneté que s’exprime la solidarité nationale. 

2. À la recherche de nouveaux découpages politiques

Sous l’effet de la mondialisation, l’Etat est débordé à la fois par la transnalisation financière, les informations transmises par satellite, les pratiques des entreprises et par le secteur informel. On voit donc apparaître la création d’organisation régionales; des groupements d’Etats à définition politique, économiques et/ou militaires:

Zones de libre-échange

  • AELE: Association européenne de libre-échange (1960)
  • MCCA: Marché commun de l’Amérique centrale (1960)
  • CARICOM: Communauté des Caraïbes (1973)
  • ASEAN: Association des nations du Sud-est asiatique (1991)
  • U.E.: Union Européenne (1993)
  • CEFTA: Zone de libre-échange d’Europe centrale (1993)
  • ALENA: Accord de libre-échange Nord-américain (1994)
  • MERCOSUR: Marché commun du Cône Sud (1995)

Organismes de coopération économiques

  • CCG: Conseil de coopération du Golf (1981)
  • UMA: Union du Maghreb arabe (1989)
  • SADC: Communauté pour le développement de l’Afrique australe (1992)
  • C.E.I.: Communauté des Etats indépendants (1993)

Organisations interrégionales

  • APEC: Coopération économique Asie-Pacifique
  • EEE: Espace économique européen

Cependant, des revendications indépendantistes remettent en cause la souveraineté de l’Etat, par exemple en transgressant les frontières. Ces nouveaux découpages témoignent de nouvelles formes de solidarité et d’identité commune, mais interfèrent avec d’autres formes d’organisation et d’exercice du pouvoir politique, d’où l’apparition de conflits.

IV – L’APPROCHE ÉCONOMIQUE

1. Centres et périphéries: Pays riches et pauvres

À partir du XVème siècle, le capitalisme a structuré les espaces de vie sous le signe de l’inégalité, entre privilégiés et non privilégiés. La notion de développement apparaît dans les années 60 et représente cette opposition entre riches et pauvres: on accumule les richesses d’un côté et de l’autre, on arrive à peine à offrir les besoins élémentaires. Après la Seconde Guerre Mondiale, on va opposer les pays développés et les pays sous-développés puis, dans les années 70, on débute le dialogue Nord-Sud.

On peut aborder le partage inégalitaire du monde de trois façons:

  • P.I.B.: Capacité d’une économie nationale à créer de la valeur;
  • I.D.H.: Façon dont la richesse est redistribuée entre les habitants d’un même pays (indice créé par les Nations Unies);
  • Classification par le FMI: Classification prenant en compte l’évolution des économies nationales depuis le choc pétrolier de 1973 et leur degré d’industrialisation.

2. Nouvelles polarités et réseaux

Le monde est tramé de réseaux; des flux matériels (par exemple, les voies de communication) ou immatériels (par exemple, les flux de services), transportant des marchandises et des informations au-delà des frontières territoriales. Par la mondialisation, les entreprises produisent leur propre espace, indépendamment des frontières. L’organisation des territoires est également remise en cause par les activités parallèles ou frauduleuses. Ainsi, la carte de l’oligopole mondial démontre mieux la concentration du pouvoir économique entre les réseaux des villes toutes situées au Nord.

Cet article est également disponible en formats document et web. D’autres résumés et Flashcards de géographie sont consultables sur ce blog.

Source: Géographie Prépa DAEU Tome 1, Chapitre 1, Séquence 1 « Espaces de vie et de représentation », pages 16 à 51

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